"Je l'ai quitté, mais le silence me terrorise" : Comprendre le sevrage du lien traumatique
- Marion Montignies

- il y a 14 heures
- 3 min de lecture
C'est souvent l'étape la plus déroutante de la libération. Vous avez pris la décision. Les valises sont faites, la porte est fermée, peut-être même que des mesures judiciaires sont en place pour vous protéger. Votre tête, votre conscience, sait que c'était une question de survie. Vous avez la liste des faits, des insultes, des peurs. Vous savez rationnellement que partir était la seule issue.
Et pourtant... Une fois seule, dans le calme de cet "après", vous ne ressentez pas le soulagement espéré. Vous ressentez un vide sidéral. Un vertige absolu. Et pire que tout : une envie viscérale, presque animale, de renouer le contact.
Vous vous demandez alors : "Suis-je folle ? Est-ce que je l'aime encore malgré tout ce qu'il m'a fait ?"
La réponse est NON. Ce que vous vivez n'est pas de l'amour. C'est un sevrage.
La guerre civile intérieure : Conscient vs Inconscient
Pour comprendre ce vide, il faut comprendre ce qui se joue entre les deux parties de votre esprit. C'est là que mon travail d'hypnothérapeute et d'accompagnante prend tout son sens.
Votre Conscient (La Gardienne) : Elle est lucide. Elle a vu les "comportements inadaptés", elle a entendu les mots qui tuent, elle a senti le danger pour vous et vos enfants. Elle veut la liberté et la sécurité.
Votre Inconscient (L'Enfant blessé) : Lui, il ne raisonne pas en termes de "bien" ou de "mal". Il raisonne en termes d'intensité et d'habitude. Pendant des années, il a été "drogué" aux montagnes russes émotionnelles.
La chimie de l'emprise : Cortisol et Dopamine
Une relation toxique fonctionne comme une addiction dure. Le manipulateur vous maintient dans un état de stress permanent (marche sur des œufs, peur des reproches) : c'est le pic de Cortisol. Puis, soudain, il a un geste "gentil", une accalmie, un moment de "lune de miel". Votre cerveau, soulagé de ne pas mourir, relâche une dose massive de Dopamine.
Ce cycle Peur / Soulagement crée ce qu'on appelle le Lien Traumatique (Trauma Bonding). Votre cerveau a associé le bourreau à la source du soulagement. Il est devenu à la fois le poison et l'antidote.
Quand vous partez, vous coupez l'approvisionnement. Le cortisol baisse, mais la dopamine aussi. Votre système nerveux, habitué au chaos, se retrouve en "manque". Le calme, qui devrait être apaisant, est interprété par votre inconscient comme un danger de mort, un vide insupportable.
Le piège du Vide
C'est à ce moment précis que le risque de rechute est le plus élevé. Pour faire cesser ce vertige, pour "sentir" quelque chose, la tentation est grande de répondre à un message, de vérifier ses réseaux sociaux, ou de croire à ses promesses de changement.
Mais remplir ce vide avec le passé, c'est comme reprendre une dose pour arrêter de trembler. Ça calme le symptôme, mais ça relance la maladie.
Comment traverser le désert ?
Avec le programme RESILI'FREE, nous ne nions pas ce vide. Nous apprenons à le traverser. La résilience, ce n'est pas seulement comprendre intellectuellement. C'est reprogrammer les réflexes profonds.
Accueillir le sevrage : Reconnaître que cette souffrance est chimique et transitoire. Ce n'est pas de la nostalgie, c'est de la désintoxication.
Utiliser la Conscience comme ancre : C'est le moment de sortir votre "Dossier Silencieux". Relisez les faits. Regardez la réalité en face pour contrer les fantasmes de l'inconscient.
Réparer par l'Hypnose : Nous allons travailler à couper ce lien traumatique au niveau inconscient. Nous allons apprendre à votre système nerveux que le calme est sécurisant, et non effrayant.
De l'autre côté du vide
N'ayez pas peur de ce silence. Ce vide que vous ressentez n'est pas une fin. C'est un espace libre. C'est le terrain vierge sur lequel vous allez enfin pouvoir reconstruire votre propre palais, avec vos règles, vos couleurs et votre sécurité.
Vous avez eu le courage de partir. Ayez maintenant le courage de traverser le désert. Je connais le chemin, je l'ai parcouru, et j'ai guidé des milliers de personnes de l'autre côté.
La liberté n'est pas l'absence de peur. C'est la traversée de la peur, main dans la main avec soi-même.
Marion Montignies Fondatrice de Résiliange & Créatrice du programme RESILI'FREE






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